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La Chine va concurrencer Airbus et Boeing avec un nouveau moyen courrier : le C919

Un nouvel acteur du monde l’aéronautique voit le jour peu à peu.  Jusqu'à présent la suprématie occidentale en dans le secteur de l’aéronautique, notamment grand public, étaient sans partage. Même l'URSS et ses Tupolev, conçus par de très brillants ingénieurs russes, ne parvenait pas à rivalisaient avec les géants Boeing et Airbus.
Après les jeans et les chaussettes, la Chine semble bien décidée à conquérir le domaine du transport aérien par le biais du Comac C919, n nom qui en dit long sur ses ambitions puisque le chiffre 9 y symbolise la longévité. Il s’agit d’un avion de ligne mono couloir conçu pour accueillir de 168 à 190 passagers. Ce « grand » projet symbolise les efforts accrus du pays pour se lancer dans le domaine de l’aéronautique, défiant ainsi Boeing et son rival européen Airbus, qui dominent le marché mondial avion de ligne.
« Le développement d'avions de ligne à grande échelle est une décision stratégique du gouvernement chinois et l'un des grands programmes de construction d'un pays tourné vers l'innovation » a souligné le vice-Premier ministre chinois Zhang Dejiang.

C919 COMAC



Aucun vol du C919 n'est pas prévu avant 2014, et l’appareil ne devrait pas être commercialisé avant 2016. Un calendrier ultraserré qui déjà laisse sceptique. Il sera alors destiné principalement au marché intérieur de la Chine plutôt qu’à l’exportation.

Mais le constructeur chinois avance d’ors et déjà que son bi-moteur, compte tenu de sa conception à fuselage étroit de la C919 entre en concurrence directe avec le Boeing 737, l'avion de ligne le plus vendu dans le monde, et son concurrent, l'Airbus A320. Chen Jin, directeur des ventes d’Aircraft Corp Chine a indiqué que « le C919 utilisera entre 12% et 15% moins de carburant, et se faisant aidera à réduire les émissions de carbone. »
Il a également avancé que le prix de vente pourrait être inférieur auxdes 50 millions de dollars demandés par Boeing et Airbus pour chacun de leurs avions.

Ces critères pourrait faire du C919 un rival de Boeing et Airbus, s'ils sont atteints. Mais les analystes occidentaux mettent en doute la capacité du constructeur chinois à la atteindre et malgré le soutien de l’état chinois et un marché du voyage en forte hausse, le constructeur chinois devra faire face à de nombreux défis techniques et commerciaux.

Pour atteindre ses objectifs de diminution de consommation de carburant, Wu Guanghui, concepteur d’avion a déclaré à China Daily que COMAC se tourne vers de nouveaux matériaux composites en carbone léger en remplacement de l'acier pour la construction de l'avion.

Boeing, pionnier dans la conception de composites, a eu de réelles difficultés à concevoir  son premier avion composite, le 787 Dreamliner. Boeing promet que le Dreamliner permettra de réaliser des économies d'exploitation de 20% par rapport à l'avion de construction traditionnelle. Mais ses vols d'essai ont été maintes fois annulés, le dernier vol ayant été annulé pour des défauts structurels.

Boeing et Airbus ont retardé la construction d’avions à fuselage étroit visant à remplacer le 737 et l'A320 considérant que les économies induites par l’usage de matériaux composites ne compensent pas le surcoût que représente leur conception.
Malgré l'absence de feuille de route à faire de gros avions ou composites, les Chinois sont convaincus qu'ils peuvent le faire.

« La Chine double sa production de matériaus composites chaque année», dit Cheng Zhong, ingénieur en mécanique dans une société d'État faisant composites pour le secteur aérospatial de la Chine, indique que la Chine double sa conception de matériaux composites chaque année.
Mais compte tenu que le travail manuel ne représente que 10% de la fabrication d’un avion, Comac devra compter sur le succès des matériaux composites pour réaliser les économies de production.
Le prix n’est pas le seul critère de choix pour les compagnies aériennes souhaitant acquérir de nouveau appareils : la fiabilité, l'entretien, la disponibilité des pièces de rechange, ainsi que la formation des pilotes et des mécaniciens sont également des critères importantes.

La seule façon pour COMAC d’offrir des prix nettement inférieurs, est que le gouvernement chinois soit prêt à subventionner les pertes importantes pour établir la position du pays dans le domaine de l’aéronautique mondiale.

Le C919 compte néanmoins profiter du dynamisme du marché intérieur chinois dont les besoins sont grandissants, on estime les besoins d'équipement des compagnies aériennes entre 2 400 et 3 000 appareils dont 800 à 1 000 moyen-courriers d'ici vingt ans. Le C 919 espère prendre un tiers de ce marché, soit autant que la part visée par Airbus et Boeing. Aux prix actuels, cela représente environ 400 milliards de dollars d'avions.
Ensuite, le C 919 doit ouvrir à la Chine les portes du marché aéronautique international sur lequel Pékin veut déployer une gamme complète à terme destiné à conquérir le monde extérieur. Pour cela, ses ingénieurs promettent des gains de consommation de carburant grâce à des moteurs de nouvelle génération.
Parce que le gouvernement chinois a investi dans le C919 il est très probable que les compagnies aériennes chinoises soient enclins à les acheter. Il n’est pas dit par ailleurs, que la production du C919 soit à même de répondre à la demande du marché intérieur.
Pour l'instant, Boeing et Airbus ne semblent pas préoccupés par le nouvel avion chinois mais ils se gardent bien de faire fi de celui-ci.

« Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir en comparaison des superpuissances de l'industrie aéronautique, telles que les États-Unis », a déclaré Hang Wenbin, directeur général de Comac

« Le peuple chinois peut le faire», avoue Mao Caihong, 35 ans, « Je suis très excité par ce projet. Si la Chine peut continuer à développer, nous pouvons construire des avions de hautes technologies, confortables et sûrs »

Cheng Zhong, l'ingénieur en mécanique, a une vision plus économique : « Les avions coûtent des milliards de dollars en Chine chaque année. Si nous avons la capacité de les fabriquer, pourquoi laisser les étrangers gagnent tout l'argent ? »
Le Comac C919 pourrait être un sérieux concurrent pour Airbus, même si -pour l'instant, et pour l'instant seuleument- ses moteurs sont fabriqués par les USA et la France. Snecma, General Electric.



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