| 7 mai 2010
Un plan Européen en marche pour lutter contre la spéculation
Les dirigeants de l'Union Européen se sont réunis dans le cadre d'un sommet extraordinaire qui s’est achevé vendredi vers minuit par un engagement commun à mettre en place un « mécanisme de stabilisation ». Un Conseil des ministres des finances est convoqué dimanche.
Après quatre jours de tourmente boursière déclenchée par les attaques sur la dette grecque, les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone Euro ont décidé, vendredi dans la nuit, de défier les spéculateurs. Seul debout sur une scène baignée par les projecteurs le président Nicolas Sarkozy a déclaré que les politiciens ont accepté de «se battre contre les spéculateurs» et faire reculer leur « attaque sur la zone euro ».
La zone vient de traverser sa pire crise depuis sa création, a déclaré M. Sarkozy, et les spéculateurs sont actuellement sur le point de « payer pour leurs attaques », a t-il déclaré.
Pour ce faire, l'UE va s'appuyer sur un plan dont les détails sont encore secrets et dont l'objectif à termes est de préserver la stabilité financière de l'Europe. Ce nouveau plan fait l'objet ce dimanche d'une réunion de la commission européenne du « conseil de la zone euro » et une décision sera prise par un vote à la majorité.
Parmi les mesures pouvant être prises, la mise en place d'un mécanismes de soutien d'urgence pour les pays en zone euro qui se trouvent en difficulté pourrait se baser sur l'article 122 du traité de Lisbonne, qui dit qu'une assistance financière peut être accordée dans des circonstances exceptionnelles.
La chancelière allemande, Angela Merkel, peu favorable à ce sommet qui s'est tenu quelques jours avant d'importantes élections régionales, s'est opposée à l'idée d'un emprunt centralisé et ne souhaite pas non plus que soit rachetée la dette de la BCE sur les marchés financiers. La France est depuis longtemps favorable la présence d'un noyau dur de décideurs restreint, alors que l'Allemagne est traditionnellement contre cette idée, insistant sur le fait que la gouvernance économique doit être décidée par les 27 membres de l'Union.
Mais après avoir ralenti le processus de sauvetage de trois mois, l'Allemagne est maintenant un peu isolée. Il était frappant de constater que Mme Merkel n'a pas tenu une conférence de presse, mais est intervenue à distance, alors qu'au même moment M. Sarkozy était sur le devant de la scène. La Grande-Bretagne, quant à elle, est nulle part, ni dans la zone euro, ni avec un mandat politique ce week-end.
«L’objectif, c’est de doter la zone Euro d’un véritable gouvernement économique», a déclaré le président français. « L’Europe sera prête à défendre l’Euro », a conclu le président français, tandis qu’Angela Merkel a promis « un signal très fort » pour lundi. «Les spéculateurs en seront pour leurs frais», a ajouté Nicolas Sarkozy en citant de mémoire les courbes de spéculation sur les dettes grecques, portugaises et espagnoles ces derniers jours
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