L’innovation aux États-Unis

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L’innovation aux USA

Les États-Unis ont l’image d’un pays orienté sur les hautes technologies et l’innovation. Avec ses startups devenues des géantes du business numérique, ses salons  où se concentrent  les entreprises les plus innovantes du monde, la réalité confirme le leadership des USA dans des secteurs innovants très variés. Bien que rattrapés par les pays émergents, la taille du marché américain et l’excellence des universités ne sont pas les seuls facteurs qui explique dynamisme américain en matière d’innovation.

Les orientations politiques en matière d’innovation

L’État fédéral est d’avantage un financeur d’agences de recherche qu’un stratège et il n’y a pas, à proprement parler, de politique nationale d’innovation. La stratégie pour l’innovation lancée en 2009 et actualisée en 2011, fixe la hauteur des investissements mis en œuvre par les pouvoirs publics pour favoriser une économie fondée sur l’innovation. Ce domaine est considérée comme un  moteur efficace de croissance économique et de la compétitivité des États-Unis, en d’autres termes un secteur créateur d’emplois.

N’oublions pas que, soucieux de promouvoir la croissance économique des États-Unis en stimulant l’innovation, les Pères fondateurs gravèrent la notion de brevet dans la Constitution en dotant le Congrès du pouvoir de « promouvoir les progrès de la science et des arts utiles en assurant, pour un temps limité, aux auteurs et inventeurs les droits exclusifs sur leurs écrits ou inventions respectifs »

Les 3 grands axes d’innovation aux USA

L’innovation aux États-Unis s’articule autour de trois grands axes :

  • Investir dans les principales composantes de l’innovation, à savoir l’enseignement supérieur, la recherche fondamentale et les technologies de l’information;
  • Promouvoir les secteurs de l’économie basé sur l’innovation au travers d’une politique fiscale et liée à la propriété intellectuelle favorables à l’innovation ;
  • Favoriser les technologies de rupture dans les domaines définis comme des priorités nationales : les énergies propres, les biotechnologies, nanotechnologies, industrie manufacturière de pointe, applications spatiales, santé.

Plus qu’une politique fédérale d’innovation, on observe une multiplicité d’initiatives et de dispositifs qui concourent à l’innovation américaine.

Les USA disposent de 5 atouts importants :

  1. L’excellence des universités, lieux de la recherche fondamentale et appliquée.
  2. L’intensité et la fluidité des interactions entre les acteurs de l’innovation (mondes académique et privé).
  3. Une prédisposition culturelle à l’innovation et à l’entrepreneuriat : confiance en soi et en l’avenir, volontarisme, acceptation du possible échec, pragmatisme, culte de l’action et du résultat. L’abondance des liquidités gérées par les capitaux-risqueurs fournit un apport idéal à toute démarche originale.
    La culture américaine encourage l’esprit d’entreprise dans la mesure où l’échec n’est pas stigmatisé mais capitalisé comme un facteur d’apprentissage utile pour l’avenir. De son côté, l’abondance des liquidités issues des différents systèmes de financement fournit un terreau idéal pour toute idée originale.
  4. Des mécanismes de financement efficaces (business angels, capital-risque, etc.). Le capital-risque est aujourd’hui l’un des principaux piliers du financement de l’innovation. Il fait des États-Unis le premier pays au monde à disposer de telles ressources privées pour alimenter l’innovation et lancer de nouveaux secteurs.
  5. Un droit de la propriété intellectuelle adapté.

 

Le rôle des universités américaines

Elles forment des élèves qui appliquent très top leur savoir dans un cadre professionnel et  alimentent l’ensemble du système national d’innovation. Leur proximité d’avec les entreprises leur permet d’interagir avec les sphères professionnelles ce qui fluidifie les transferts technologiques. Dans l’enseignement supérieur, les partenariats avec les entreprises, bien que non généralisés, sont fréquents. Dans ce domaine l’application dans les années 80 de la loi Bayh-Dole a été un facteur déterminant. En redéfinissant les droits de propriété intellectuelle, cette loi a permis d’accroître les partenariats et de financer la recherche. Ces échanges s’inscrivent donc dans un cercle vertueux où l’invention alimente le monde professionnel qui finance à son tour l’enseignement supérieur.

Néanmoins, à ce stade seule  une minorité d’universités dispose de la majorité des moyens de recherche et contribue à l’essentiel du transfert de technologies.

Le financement de certaines universités américaines par des acteurs économiques privés rend possible la réalisation de projets en adéquation avec les attentes du privé.

Ainsi, l’University of California San Diego (UCSD) vient de faire le pari de lever 2 milliards de dollars en fonds privés sur la prochaine décennie soit le double de ce qu’elle avait recueilli dans sa précédente campagne. Cette université a déjà commencé à recevoir du soutien de la part des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft – un phénomène qu’on observe de plus en plus fréquemment, via un don de 75 millions de dollars de la part d’un fondateur de Facebook.

Un phénomène qui attire de nombreux étrangers

Le dynamisme économique des USA attire de nombreuse entreprises étrangères à la recherche de nouvelles opportunités. Les démarches sont assez simples et avec un simple visa il est possible de s’y installer afin de développer ses affaires. Ainsi, les USA sont au 4ème rang dans le classement des pays les plus attractifs pour les talents étrangers alors que la France figure au 22ème rang. Des institutions scientifiques de renom et des établissements d’enseignement de qualité, une forte ouverture aux étudiants étrangers, sans oublier une fiscalité avantageuse sont les principales clés de l’innovation aux États-Unis.

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