Bonne nouvelle, les carnets de commandes sont
pleins et la croissance est au rendez- vous pour les entreprises de
sous-traitance. Mais beaucoup ont du mal à maintenir leurs marges sous la pression
de la baisse de prix imposée par les donneurs d'ordres.
L'automobile est en berne, les relations avec les donneurs d'ordres sont de
plus en plus dures, Airbus envisage de diviser par six son panel de
fournisseurs directs... Et pourtant, chez les sous-traitants, la confiance
n'avait pas été aussi bonne depuis 2004. 74 % des entreprises interrogées par "
L'Usine Nouvelle " prévoient une croissance de leur volume d'activité l'an
prochain.

Les plus enthousiastes ? La
sous-traitance électronique et mécanique, avec respectivement 92 % et 82 %
d'entreprises qui ont une opinion positive pour 2008. Les premières profitent
d'un renouveau de leurs débouchés vers les biens de consommation. Et parmi les
spécialistes de la mécanique, ce sont les fournisseurs de l'aéronautique, de
l'armement et de la défense qui sont les plus optimistes, motivés par les
commandes records enregistrées par les avionneurs.
Le diktat des clients...
Pour tous les secteurs, les carnets de commandes sont pleins. Ainsi, 88 % des
entreprises de notre panel estiment que ceux-ci sont satisfaisants, avec une
visibilité de plus en plus importante. Pour 43 % d'entre elles, le planning
production est correctement

chargé pour plus de six mois, contre 38 % l'an dernier. L'activité et les commandes
sont là, et bien là. Alors ou est le problème ?
Le problème, c'est le diktat des clients. Diktat sur les conditions générales
d'achat, qui ont été imposées à 88 % des sous-traitants de notre enquête. Et
diktat sur les prix. Les constructeurs automobiles et les équipementiers
verrouillent leurs marges et serrent la ceinture de leurs fournisseurs. Les
plus touchés sont l'électronique et les plasturgistes. Pris en étau entre la
flambée des matières premières et les prix imposés par leurs clients, ils sont
respectivement 88 % et 79 % à regretter des prix trop bas. Pire ! Pour

52 % des fournisseurs de l'automobile, les prix
sont en baisse. Pour les autres, la situation n'est pas non plus mirobolante. A
deux exceptions près ! La chaudronnerie et la construction métallique, portées
par la forte demande d'équipements pour les secteurs de l'énergie et de la
pétrochimie, ont réussi à répercuter les niveaux de prix de l'acier et des
métaux. Pour 62 % des entreprises de ce secteur, les prix sont en hausse.
...entraîne le transfert dans les pays low cost
Le recours : rechercher les coûts les plus bas ailleurs. C'est la première
motivation de 69 % des entreprises qui ont décidé de délocaliser dans des pays low cost. Si, au total, elles ne sont que 29 % à avoir
entrepris cette démarche en 2007, certains secteurs ont été beaucoup plus
actifs. Les moulistes et des entreprises de l'électronique sont 67 % et 72 % à
avoir transféré des activités dans les régions à bas coût l'an dernier. Ont-ils
le choix ? PSA vise les 47 % d'achats en low cost en 2010, Faurecia et Valeo
comptent passer à 50 % et 70 % à la même échéance.
Virginie Lepetit
Comment a été réalisée
cette enquête
Cette enquête, menée de
mi-septembre à mi-octobre, a été réalisée par la rédaction de " L'Usine Nouvelle ", via un
questionnaire envoyé auprès d'un large échantillon de sociétés françaises de
sous-traitance : mécanique, plasturgie, travail des métaux, électronique... Les
résultats exploitables obtenus auprès de 259 entreprises de toutes tailles,
totalisant près de 14 milliards d'euros de chiffre d'affaires, ont été traités
par le cabinet parisien Socio Logiciels.
Nous remercions vivement les entreprises qui ont accepté de nous répondre.
NB : les totaux inférieurs à 100 % s'expliquent par les non exprimés.