La hausse des cours s'exerce différemment sur les
différentes qualités de pétrole.
Les derniers chiffres publiés par l'Association
internationale du transport aérien indiquent une légère décélération de la
croissance du nombre de passagers. Mais, note l'analyste Francisco Blanch de Merrill Lynch, la
globalisation est un processus vorace en énergie et les transports poursuivent
leur développement à un rythme soutenu. Ce qui entraîne une augmentation de la
demande de kérosène et de gazole. De meme les pénuries d'électricité ont
provoqué une hausse de l'utilisation des centrales thermiques utilisant du
fuel. Cette situation a entraîné une forte hausse de l'utilisation des
distillats moyens.
Cette forte demande des distillats moyens couplée au manque
de flexibilité des capacités de raffinage a eu un impact significatif sur les
marchés pétroliers. Si, souligne Blanch, les bruts
légers et peu corrosifs, tels le WTI ou le Brent sont
toujours très attractifs pour les raffineurs, les pétroles peu corrosifs,
moyens ou lourds, ont sensiblement renchéri sous l'effet d'une augmentation de
la demande. Soucieux d'augmenter leurs rendements de gazole et de kérosène les
raffineurs ont augmenté leur consommation de brut moyen. Par contre, les
contraintes liées aux capacités ont obligé les raffineries à délaisser les
qualités de brut les plus lourdes les plus corrosives. Au Mexique comme en
Arabie Saoudite le différentiel de prix entre les qualités a en conséquence
fortement augmenté.
"La faiblesse de la demande d'essence alors que l'on entre
dans la "driving season"
aux Etats-Unis est au cour du problème", affirme l'analyste. Alors que la
demande globale de gazole dépasse celle de l'essence, toute tentative de
produire plus de gazole se soldera par une hausse de la production d'essence en
raison de l'incapacité des raffineries à modifier leur système de distillation.
De plus, le surplus d'éthanol aux Etats-Unis pèse sur les cours de l'essence.
Avec un mazout résiduel en surplus, seule la demande
de kérosène et de gazole aide les raffineurs à maintenir leurs marges, ce qui
soutient la demande de brut moyen. Cette situation devrait continuer jusqu'en
2009/2010 lorsque de nouvelles capacités de raffinages mieux adaptées aux
pétroles lourds et corrosifs entreront en fonction.
Source : Daniel Krajka, " l'usine
nouvelle "