Pourquoi jouer d’un instrument développe votre cerveau

0
2044

Il y a un peu plus d’une décennie « l’effet Mozart» avait fait le buzz un peu partout sur la toile. Certains chercheurs ont affirmé que les élèves obtenaient de meilleurs résultats lorsqu’ils écoutaient de la musique du célèbre compositeur classique. Comparé à eux, un autre groupe d’élèves (groupe témoin, même âge, même condition sociale) réalisaient les mêmes tests, mais sans musique de fond, a fait moins bien. Ces nouvelles se répandirent comme une traînée de poudre et les parents ont commencé à faire écouter les œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart à leurs enfants avec l’espoir d’élever leur performance.

Les effets de la musique sur le cerveau

Plusieurs questions ont été soulevées à propos de cet effet Mozart, à la fois dans la presse professionnelle et populaire. Tout d’abord le test est-il reproductible ? Le fait d’écouter de la musique se limite-t-elle à calmer l’esprit, ce qui permet aux élèves de mieux se concentrer ? Pourquoi Mozart et non Beethoven, Bach ou les Beatles? Pourquoi seulement la musique classique occidentale et non de la musique carnatique, hindoustani, japonaise ou même des chants apaisants ? L’effet est-il temporaire ou porte-t-il sur une longue durée ? Les berceuses font-elles des nourrissons plus intelligents ?

De nombreuses expériences ont tenté de répondre à ces questions et le consensus général semble être que la musique est bonne pour tous. L’effet Mozart quant à lui n’est pour l’heure pas complètement expliqué.

Une question scientifiquement est de savoir si la musique est en mesure de développer nos capacités cognitives en affectant le cerveau ou en modifiant sa façon de percevoir les choses. Suffit-il d’écouter de la musique ou faut-il s’engager activement en jouant de la guitare électrique ou du piano ? On peut notez que dans ce dernier cas, l’on exerce réellement notre cerveau car lorsque vous écoutez de la musique, de multiples zones de votre cerveau deviennent actives. Lorsque vous jouez d’un instrument, l’activité constitue un entraînement qui améliore les capacités de notre cerveau. La scientifique Anita Collins explique qu’une activité cérébrale similaire à des feux d’artifice se propage dans le cerveau des musiciens lorsqu’ils jouent. On constate également des effets positifs à long terme de cette séance d’entraînement mental. Mais entre écouter du Mozart et jouer du Mozart – quel serait le meilleur ou véritable «effet Mozart» ?

Quelques groupes scientifiques ont étudié cette question, et un document récent intitulé: « Can Payling Tchaïkovski » Nutcracker Suite » jette un peu de lumière sur cette question. Le groupe a choisi non pas Mozart mais le compositeur russe Piotr Tchaïkovski. L’équipe, dirigée par le professeur James Hudziak au Centre de Vermont a publié ses résultats sur la relation entre les instruments de musique et le développement du cerveau. Dans l’étude, ils ont surveillé les cerveaux de 232 enfants de 6 à 18 ans, jouant d’un instrument et répétant l’œuvre de Tchaïkovski.

Une numérisation des cerveaux a été réalisée avec une imagerie par résonance magnétique (IRM). Ces analyses ont montré des changements progressifs de l’épaisseur du cortex (couche externe du cerveau) des enfants. Cette épaisseur corticale est constatée dans des régions spécifiques du cerveau, appelé aires motrices, impliqués dans le contrôle et la coordination des mouvements, y compris le fonctionnement de la mémoire, le contrôle de l’attention, ainsi que l’organisation et la planification des tâches.

L’expérience du docteur Hudziak souligne que jouer de la musique est au cerveau ce que les exercices du gymnaste sont pour le corps. A longs termes, les effets de la musique sont donc très positifs pour le cerveau.

Un rapport par les Drs. Amy Spray et G. Meyer de l’Université de Liverpool note que l’apprentissage de la musique peut augmenter le flux sanguin dans le cerveau, en particulier l’hémisphère gauche, dans les zones qui sont sollicitée pour le langage.

Une autre étude particulièrement fascinante est celle du Dr Charles Limb et de ses collègues de l’Université Johns Hopkins. Ils ont surveillés cette fois un groupe de jazz, en utilisant un IRMf spécialement mis en place, avec des claviers en plastique de manière à éviter les métaux qui interfèrent avec l’IRM. La numérisation a été effectuée en temps réel pendant que les membres du groupe de jazz (adultes, tranche d’âge 25-56) étaient en interaction les uns avec les autres et improvisaient. Leurs scans du cerveau au cours de cet échange a montré qu’ils utilisaient sollicitaient des zones liées au langage ! Chaque partenaire utilise des zones syntaxiques de son cerveau pour traiter ce qu’il est d’entendre de façon à y répondre de façon ordonnée, dans le rythme et la tonalité. Le document de Limb est disponible gratuitement à cette adresse http://ed.ted.com/lessons/how-playing-an-instrument-benefits-your-brain-anita-collins.

 

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here