Le Raspberry Pi 5 a radicalement changé la donne pour les amateurs de stockage réseau (NAS). Grâce à l’introduction de son port PCIe 2.0 natif, il n’est plus bridé par les limites de l’USB 3.0. Mais cette nouvelle liberté pose un dilemme : faut-il rester sur du disque dur classique (HDD), passer au SSD SATA ou franchir le pas du NVMe ? Choisir le mauvais support, c’est risquer des goulots d’étranglement ou des pannes d’alimentation chroniques.
Sommaire
NVMe sur Raspberry Pi 5 : La révolution PCIe
C’est la grande nouveauté : le connecteur FPC présent sur le Pi 5 permet de connecter directement un SSD NVMe via un « HAT » (Hardware Attached on Top). Contrairement à l’USB 3.0 qui plafonne techniquement autour de 400 Mo/s, le bus PCIe permet d’atteindre plus de 800 Mo/s en activant le mode PCIe 3.0 dans la configuration.
Idéal si vous utilisez des bases de données : Si votre NAS héberge des services comme Plex ou un serveur de photos (Immich), la vitesse d’accès aléatoire du NVMe rendra l’interface instantanée, là où un disque dur ferait « ramer » l’affichage des vignettes.
HDD vs SSD vs NVMe : Le comparatif technique
Pour faire un choix éclairé, il faut regarder au-delà de la simple capacité. Voici les mesures réelles constatées sur un Raspberry Pi 5 avec l’alimentation officielle de 27W.
| Support | Débit Moyen | Consommation | Bruit / Chaleur |
|---|---|---|---|
| HDD 3.5″ (USB) | 120 – 180 Mo/s | Élevée (Alim externe requise) | Bruyant / Modérée |
| SSD SATA (USB) | 350 – 420 Mo/s | Faible | Silencieux / Faible |
| SSD NVMe (PCIe) | 450 – 850 Mo/s | Modérée (Pic au démarrage) | Silencieux / Élevée |
Scénarios d’usage : Quel support pour quel besoin ?
Votre choix doit dépendre de ce que vous allez stocker sur votre NAS Raspberry Pi :
- Serveur Multimédia (Plex / Jellyfin) : Le combo gagnant est un petit SSD NVMe pour le système et les métadonnées (pour la fluidité) + un gros HDD externe pour vos films 4K.
- Cloud Privé (Nextcloud) : Privilégiez un SSD NVMe ou SATA. La synchronisation de milliers de petits fichiers est extrêmement lente sur un disque mécanique.
- Sauvegarde Time Machine / Windows : Un HDD de grande capacité est le plus rentable. La vitesse de transfert n’est pas critique pour des sauvegardes en arrière-plan.
- Latence quasi inexistante (système ultra-réactif)
- Compacité : pas de câbles USB qui traînent avec un HAT
- Prix au To plus élevé que le HDD
- Chauffe importante nécessitant un dissipateur
Pièges à éviter : Alimentation et thermique
C’est ici que l’expertise terrain est vitale. Le Raspberry Pi 5 est exigeant. Si vous branchez un SSD NVMe performant et que vous n’utilisez pas l’alimentation officielle 27W USB-C, vous risquez des déconnexions intempestives du stockage lors des fortes charges (lecture/écriture intensive).
De plus, le bus PCIe génère de la chaleur. Pour un NAS tournant 24h/24, l’utilisation d’un Active Cooler ou d’un boîtier ventilé est obligatoire pour éviter que le CPU ne bride sa vitesse (throttling) et ne ralentisse vos transferts de fichiers.
Pour en savoir plus sur l’assemblage complet, consultez notre guide sur comment construire un NAS avec Raspberry Pi 5.









